LES ORGANISTES DE LA CATHEDRALE

 

1808 – 1825 Sébastien JULLY
(1756-1825)

Organiste et compositeur. Les époux Sébastien JULLY et Blanche BARBIER vinrent de Bourgogne pour s’installer à Troyes ainsi que le fit René COCHU quelques années plus tôt. Le premier avait été organiste de la Cathédrale de Sens de 1781 à 1794, et le second facteur d’orgues à Auxerre entre 1777 et 1796. Tous deux allaient se retrouver à la tribune de la Cathédale de Troyes : René COCHU pour y remonter l’orgue de l’abbaye de Clairvaux et Sébastien JULLY pour le jouer de 1808 à sa mort, aux gages de 300 francs par an. Pour un traitement trois fois moindre, Sébastien JULLY enseignait le chant aux enfants de la Maîtrise de 1811 à 1817. Il mourut veuf à 70 ans et ses œuvres musicales sont inconnues.

 

1825 – 1843 Jean-Baptiste JULLY
(1803-1843)

Organiste, professeur de musique et compositeur. Fils de Sébastien JULLY, Jean-Baptiste JULLY est cofondateur, avec J.B. LASCROTETZ, de l’école élémentaire et analytique de musique et de chant.

Après la mort de son père, il fut nommé titulaire des grandes orgues de la Cathédrale de Troyes, au traitement de 600 francs par an, mais à la condition qu’il se marie dans l’année…

Il mourut célibataire, sans conflit avec le Chapitre. L’unique œuvre musicale connue est un motet pour solo et chœur à quatre voix mixtes, composé vers 1836 : « Ecce evangelizo ». Jean-Baptiste JULLY fut également membre de la Société philharmonique en qualité de pianiste.

 

1844 – 1848 Grégoire UFFOLTZ
(1811-1858)

Pianiste, organiste, violoniste et compositeur. La carrière champenoise de ce musicien originaire d’Alsace occupe les 14 dernières années de sa vie. Sa fonction principale le tint aux claviers des grandes orgues de la Cathédrale de Troyes. Il obtient ce poste par concours, devant un jury présidé par M. Dietsch, organiste à St. Eustache à Paris. Lors du premier concours national de musique populaire à Troyes en 1851, il joue avec E. Batiste, successeur de M. Dietsch. Par ailleurs, il participe aux concerts locaux, seul ou avec les meilleurs musiciens troyens. Considéré comme l’organiste le plus compétent du département, il réceptionne plusieurs travaux effectués aux orgues de l’Aube, de la Marne et de l’Yonne. En 1847, il fonde « L’Orphéon et chorale de Troyes », tout en restant membre de la Société philharmonique. Il enseigne à la Maîtrise de la Cathédrale et prépare son fils aîné à une brillante et longue carrière.

 

1858 – 1917 Paul UFFOLTZ
(1833-1917)

Pianiste, organiste, compositeur et pédagogue. Elève de son père et de Marmontel, Paul UFFOLTZ est nommé titulaire de l’orgue de la Cathédrale de Meaux à 21 ans. Trois ans après il rejoint son père pour le seconder à la tribune de Troyes avant de lui succéder. Il assura son service pendant 60 ans. Sa notoriété l’amène à inaugurer les travaux de restauration qu’il avait contrôlés. Comme le voulait la tradition locale, il est tenu d’enseigner la musique aux élèves de la Maîtrise. Il enseigne aussi au lycée et à l’Ecole normale d’instituteurs où une chorale rassemble 42 membres en 1904. Ses nombreux élèves particuliers donnent, avec lui, des soirées musicales de grande qualité. Sa forte personnalité ne pouvait manquer de le faire participer aux activités des sociétés de musique.

 

1917 – 1921 Zephirin-Auguste DUCHAT
(1859-1942)

Prêtre, organiste et Maître de chapelle. Cet ancien vicaire de la Cathédrale s’intéressa à la musique en autodidacte. Deuxième maître de chapelle de 1888 à 1939 et, de ce fait, titulaire de l’orgue de chœur de la Cathédrale, le Chanoine DUCHAT fut organiste intérimaire du grand orgue en attendant la succession de Paul UFFOLTZ.

 

1921 – 1971 René SAINT-PE
(1890-1971)

Bassoniste, organiste, pédagogue et compositeur. Ancien élève de la Maîtrise de la Cathédrale de Versailles, il entre à l’Ecole Niedermeyer en classe d’orgue et au Conservatoire National Supérieur de Paris en classe de basson en 1908. Maître de chapelle de Notre-Dame du Rosaire à Paris, accompagnateur à Saint-Cloud en 1919, il est nommé titulaire des grandes orgues de la Cathédrale de Troyes en 1921. Membre de la S.A.C.E.M., il écrivit quelques pièces d’orgue pour la revue « L’organiste » ainsi que des motets restés manuscrits. Pédagogue recherché, il fut professeur à l'Ecole de musique de Troyes et compta de nombreux élèves particuliers.

 

1971 – 1997 Guy BARBIER
(1924-1997)

Prêtre, chef de chœur et organiste. D’abord autodidacte, il fit ses études musicales à l‘Institut grégorien de Paris puis travailla l’orgue avec André Fleury. En 1965, il crée l’Ensemble vocal « Maurice Emmanuel » qu’il dirige pendant plusieurs années. Titulaire des grandes orgues de la Cathédrale de Troyes, fondateur des « Amis de l’orgue de la Cathédrale » (association aujourd’hui disparue), il fut l’instigateur avec le musicologue Norbert Dufourcq de la reconstruction de l’instrument en 1964.

 

2000 Michael MATTHES

 

Michael MATTHES a commencé ses études de piano avec Nicole Delannoy puis d’orgue au Conservatoire National de Région de Rueil-Malmaison avec Marie-Claire Alain et Susan Landale. En 1983, il entre au Conservatoire National Supérieur de Paris dans la classe d’Odile Pierre.

En même temps, il travaille l’improvisation avec Pierre Cochereau, l’analyse, l’harmonie, le contrepoint et la fugue avec Yvonne Desportes et Marcel Bitsch. Après l’obtention de plusieurs premiers prix, il se perfectionne à l'orgue auprès de Pierre Labric.

Lauréat de la Fondation G. Cziffra en 1986, il reçoit des mains-mêmes du pianiste la Médaille d’Or de sa fondation en 1987. La même année, il devient le plus jeune soliste de Radio-France et donne son premier récital à Notre-Dame de Paris.

Commence alors sa carrière de concertiste international. Les plus grands festivals l’invitent dans le monde entier : Villa Medicis, Istanbul, Athènes, Berlin, République de Russie, Darmstadt, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier…

En tant que soliste, il joue et enregistre, sous la baguette des plus grands chefs, avec l’Orchestre de Paris, l’Orchestre National de Lyon, l’Orchestre de l’Opéra Bastille et l’Orchestre Colonne.

Au contact de Jean-Jacques Grunenwald, de Jean Langlais et d’Olivier Messiaen sa passion pour la musique française du XXe siècle grandit au point d’orienter sa carrière. Il est considéré aujourd’hui comme l’un des plus brillants représentants de la tradition de la grande école d’orgue française du XXe siècle fondée par Marcel Dupré. En 1991, il interprète en première mondiale, l’intégrale de l’œuvre pour orgue de Marcel Dupré en neuf concerts.

Auteur de nombreux enregistrements discographiques (Deutsche Grammophon Gesellschaft, Denon, Editions Passions), il dispense régulièrement des master-classes sur le XXe siècle, en France et à l’étranger.

Michaël MATTHES est titulaire des Grandes Orgues de la Cathédrale, professeur au Conservatoire National « Marcel Landowski » et professeur intervenant à l’Ecole Supérieure de Commerce de la ville de Troyes.

 

 

 

LE GRAND ORGUE DE LA CATHEDRALE

 

Les archives  font état dès 1365 d’un orgue logé dans la première arcade au nord du chœur, accessible par le jubé. Cet instrument disparut avec le jubé en 1792. Un autre instrument, plus petit et installé sur le jubé même vers 1438 sera vendu le 9 mai 1601 à la fabrique de l’église de Tonnerre.

 

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Le grand orgue actuel de la cathédrale de Troyes fut à l’origine commandé à Jacques COCHU, maître-facteur d’orgues à Châlons-en-Champagne, par l’Abbaye cistercienne Notre-Dame de Clairvaux, aujourd’hui dans le département de l’Aube. Construit entre 1731 et 1736 et installé la même année, il fût, dès l’origine, considéré comme l’un des plus remarquables de son temps. Ce qui n’empêcha pas François-Henri CLICQUOT, facteur d’orgue du roi, de l’agrandir en 1788.

 

A la Révolution, l’abbaye fut transformée en prison et l’orgue fut mis en vente comme bien national en 1792. Il fut sauvé par les marguilliers de la cathédrale de Troyes qui en firent l’acquisition et l’entreposèrent sous la tour Saint-Paul où il demeura démonté durant les troubles révolutionnaires pour des raisons évidentes et au début de l’Empire en raison de la pauvreté du conseil de fabrique. Après la signature du concordat et la réouverture des églises au culte, une tribune fut accolée au grand portail et l’orgue y fut remonté en 1808 par René COCHU, le petit-fils du constructeur.

 

Lorsque Aristide CAVAILLE-COLL visite l’orgue en 1844, il note qu’il «est encore aujourd’hui un des plus beaux instruments que nous possédions en France ». Durant la fin du siècle, il est modernisé à deux reprises, en 1874 et 1877.

 

De nouvelles modifications sont effectuées en 1913 lorsque la maison JAQUOT-JEANPIERRE intervient sur l’instrument. Dans le domaine technique, il est augmenté d’un clavier de récit expressif, de machines Barker pour faciliter la transmission et d’une nouvelle soufflerie. Les sommiers, la mécanique et plus des trois quarts de la tuyauterie restent ceux d’origine. Dans le domaine musical, le facteur procède à un changement de ton et de tempérament.

 

Au XXème siècle la renommée de l’orgue de la cathédrale de Troyes est telle qu’il sera joué par les plus grands concertistes français : Eugène GIGOUT en 1903, Charles QUEF en 1913, Marcel DUPRE en 1936 et 1943, André MARCHAL en 1956, Marie-Claire ALAIN en 1963 et Edouard SOUBERBIELLE EN 1964. Dans le même temps, il suscite l’intérêt des historiens, principalement Félix RAUGEL et Albert BABEAU qui se pencheront sur son passé prestigieux entre 1923 et 1963.

 

Entre 1964 et 1969, l’orgue est reconstruit par la maison GONZALEZ qui effectue d’importantes modifications : nouvelle console, réfection de la mécanique, électrification du tirage de jeux, rétablissement du quatrième clavier supprimé par la maison JAQUOT-JEANPIERRE, adjonction de nouveaux jeux. Gaston LITAIZE préside l’inauguration le 15 mai 1969. Suivront de nombreux récitals donnés par Jean-Jacques GRUNENWALD, Marcel DUPRE, André FLEURY, Jeanne DEMESSIEUX, Rolande FALCINELLI, Maurice DURUFLE et Marie-Madeleine DURUFLE-CHEVALIER, Odile PIERRE, Pierre COCHEREAU.

 

Marcel DUPRE (1886-1971) donnera à la cathédrale de Troyes, le 9 octobre 1970, l’avant dernier récital de sa longue carrière.

 

En 2012, l’orgue subit d’importants travaux par Bernard DARGASSIES, la console est entièrement reconstruite, et un combinateur électronique installé.

 

 

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En raison de son histoire et de sa beauté, l’orgue de la cathédrale de Troyes est classé Monument Historique le 19 mars 1963 pour la partie instrumentale et le 6 décembre 1974 pour le mobilier comme l’un des plus prestigieux de France.

 

 

Texte : Michael MATTHES, Bruno TASSEL

 

"ENCORES"

le nouveau CD est paru.

" Avec son tout dernier album qui vient de sortir et qui s'intitule "ENCORES", Michael Matthes nous émerveille encore une fois de plus par sa formidable technique, la maîtrise de son jeu, ainsi que l'infinie poésie que nous offre  ses mains parcourant les claviers de ces superbes grandes orgues de St. Stefan d'Amriswil. Un choix encore extrêmement varié, qui va de Henry Purcell à Thomas Arne, en passant par les grands classiques tels que Jeremiah Clarke, Carlos de Seixas, Marco-Enrico Bossi, Béla Bartók, les français Louis-Claude D'Aquin, André Campra et bien sûr, le grand Johann Sébastian Bach avec toute son émotion qui nous saisit depuis toujours! Bref, un album encore une fois de plus réussi et tellement beau! Marie-Claire Alain serait fière de son élève qu'elle bénit, j'en suis sûr, d'une larme d'émotion du haut de son ciel§ L'art de Michael Matthes ne nous surprend plus, il est là, présent, vrai, pur et tellement grand qu'il nous aide à vivre nos moments difficiles et emplit de joies nos moments de fête! Vraiment, il est beau ce disque, on en voudrait "ENCORES"!" (RCF National)

 

Toccata de Eugene Gigout

Prelude et Fugue en UT majeur

Toccata de Roger Steptoe